UNE SEMAINE DE POESIE A LORGUES

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UNE SEMAINE DE POESIE A LORGUES

C'EST A L'OFFICE DU TOURISME ET C'EST TRES BEAU

Extrait de « Recueil de poésies 2 » de Bernard Célestin Illustration de Jean-Samuel Cretegny 2013 Page 1
« Le beauté des jours heureux »
Quand tu seras vieille, que je serai vieux
Te souviendras-tu de la beauté des jours heureux ?
Ces moments de bonheur aux images jaunies,
Quelques mots suffiraient pour qu’elles reprennent vies.
Coeur léger et pas lourd, nous nous prendrons la main.
Nos ombres glisseront le long des verts sentiers.
Sans calcul et sans peur d’un nouveau lendemain,
Nous pourrons deviser, sans détours et entiers
Ardemment parlerons des parfums des roses,
Qui coloraient jadis le jardin campagnard.
De ces instants rares, de subtiles poses,
A écouter le chant, d’un merle babillard.
Assis au carrefour d’un chemin forestier,
Nous redirons des mots, d’un air primesautier,
De nos premiers baisers donnés avec pudeur,
Dans cette mansarde, abri d’un doux bonheur.
Là une clairière, propice aux narrations,
Celle de la maison bleue; de la clé sous la dalle.
De ce temps suspendu, où fous nous nous aimions.
Des lettres enflammées, cachées dans une malle.
Les graines de l’amour germent en toute saison,
Eclosent des fruits de vie, bonheur de la moisson.
Les enfants ont grandi, sont devenus Homme
A nos yeux demi-dieux, enfin... presque, comme.
Des voyages lointains aux confins de nos âmes,
Ayant ancrés en nous leurs exotiques charmes.
Les soirées entre amis à construire le monde
A espérer que la terre, l’amour féconde.
Plus loin dans le vallon, bras-dessous, bras-dessus
Sous le soleil couchant, de la vie ce rébus,
Parlerons du vécu, fait d’intense, de tendre.
Moments à s’attendre, moments à se prendre !
Puis à la nuit tombée, sur le banc du jardin,
Une ultime halte. Souvenir byzantin,
De cette vie tissée de projets palpitants,
Essaimée de week-ends dévorés en amants.


L’automne est revenu des dizaines de fois
Ses brises de doutes, ses feuilles feux d’émois
Le grand froid des hivers, nos souffles sur les braises,
Les printemps fleuris où le coeur prend ses aises,
La chaleur des étés à l’ombre des platanes,
A goûter à la vie, au temps des persanes.
L’automne est revenu une dernière fois,
Je le sais il est là, avec son air matois.
Pointant les aiguilles de la grande horloge,
L’altier maître du temps défroisse sa toge.
Ô signe qu’il est temps, pour de derniers adieux.
Solennité, humour ? Que conviendrait le mieux ?
J’opte pour les deux, il attendra un peu.
Ah ! Je voulais te dire, jusqu’au dernier soupir
Je t’aurai fort aimée, te parlant un sabir
Mélange de sérieux et de forme de jeu.
Je te garderai là, blottie contre mon coeur,
Chuchotant aux anges, du haut d’un nuage,
Patiemment t’attendrai. Je serai bien sage,
Et bien plus encore, promis ma douce soeur.
Je voudrai tant te dire, encore et encore,
Combien tu as compté, combien nous faisions un,
Que pour moi ô tu fus, beauté mirliflore,
Joie de vivre et un vivifiant embrun.
L’air prend une douceur, tel un été indien.
Sur fond de chants d’oiseaux, perce une sonate,
Ô celle à Kreutzer, pensée délicate.
Mais que vouloir de plus, pour un épicurien !
Je vois se dessiner, trompettes, archanges.
Le glas a clair sonné la fin des échanges.
L’altier maître du temps, s’est dressé par devoir,
Il est temps de partir, mon amour au revoir….
Bernard Célestin
Jean-Samuel Cretegny

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